Jack Bruce

Après un très long retard, voici enfin le premier article (d’une longue série) sur l’histoire du rock par un de nos membre, véritable bible ambulante de la musique, Robert ! Bonne lecture à tous :

 

Pour ce numéro 0 (zéro) de notre fanzine, j’avais pensé vous parler de la réédition luxueuse des Albums de Led Zeppelin qui se décline en 33 tours simples, doubles (avec inédits), coffrets (LP+CD), en fait pour toutes les bourses. L’actualité ayant la priorité, j’ai finalement opté, suite au décès de Jack Bruce, le bassiste et chanteur du groupe britannique Cream de vous parler de la carrière de celui-ci. Il est vrai qu’on est pas très loin de Led Zeppelin, on peut même dire que L.Z. a pris le relai de Cream et aussi des Yardbirds.

jack bruce haut

Jack Bruce était écossais, né à Glasgow le 14 mai 1943, Il est décédé le 25 octobre 2014 dans le Suffolk des suites d’un cancer du foie.

Il avait commencé sa carrière de musicien très tôt, et dès 1965 il participait à la Graham Bond Organization avec Graham Bond (organ, vocals), Ginger Baker (drums), Jack Bruce (bass), Dick Heckstall-Smith (saxophone). Il devait également prêter sa basse à Manfred Mann vers 1965-66 pour plusieurs de ses meilleurs disques.

Quand Eric Clapton quitte les Yardbirds, il a en tête de former un power trio, il va alors s’allier les talents de deux déjà presque vétérans de la scène Blues-Jazz, à savoir Ginger Baker à la batterie et  à la basse et au chant.

Le 9 septembre 1966, allait sortir l’un des, peut-être le tout premier(s) disque(s) de rock psychédélique britannique. « Fresh Cream » fait l’effet d’une bombe.

fresh cream

Leur musique ne ressemblait à nulle autre, un savant mélange de Blues, de Rock et de Jazz avec une brutalité et des effets jamais utilisés alors. Et pour parfaire le tout des chansons originales
comme « N.S.U », “I’m So Glad,” ou “I Feel Free”, mais aussi des adaptations de blues millésimé comme « Spoonful » ou « Rollin’ and Tumblin' ». Un coup de maitre pour un premier disque.

Le 2 novembre 1967, la même année que « Sergent Pepper’s Lonely Heart Club Band » des Beatles allait sortir ce parangon du Rock Psychedélique britannique « Disraeli Gears ».

disraeli gears

Cette fois ci, Cream explosait littéralement à la face du monde, devenant l’un des groupes les plus importants du moment avec des titres qui leur étaient si particuliers, avec bien sur les paroles du poète allumé Pete Brown qui formait avec Bruce un excellent duo de compositeurs, on retiendra ici : « Strange Brew », « Sunshine of Your Love », « Tales of Brave Ulysses » ou « Swlabr » … le niveau est très haut.

Pour la troisième fois consécutive, en Aout 1968, Cream allait placer sur orbite un Ovni comparable à nul autre, « Wheels of Fire », un double album composé d’un LP en Studio et un autre en Live.

wheelsoffire

Il s’agit ici d’un superbe double album bourré jusqu’à la gueule de chansons extraordinaires : « White Room », « Sitting on Top of the World », « Politician », « Those Were the Days », « Born Under a Bad Sign » mais on pourrait les citer toutes.

L’instabilité chronique de Eric Clapton allait précipiter la fin de l’aventure et si la tenue des derniers disques reste de qualité, on n’est plus au niveau de ces trois chefs d’oeuvre précités et les « Goodbye » 1969, « Live Cream » 1970 et « Live Cream Volume II » 1971 sont réservés aux fans ultimes du groupe.

Après Cream, Jack Bruce allait se consacrer à une période en solo et allait graver quelques disques sympas :
« Songs for a Tailor » 1969, « Things We Like » 1970, « Harmony Row » 1971, « Out of the Storm » 1974 et « How’s Tricks » 1977.3

songs taylor

Son premier album est considéré comme son meilleur.

Un peu après Cream, devait s’effondrer un autre géant de la musique, le groupe américain Mountain, dont je pense vous parler un jour. En tous cas Leslie West, un guitariste de poids à tous les sens du terme et Corky Laing, superbe batteur sont au chômage et pensent au futur … Et puis il y’a cette rencontre inespérée avec jack Bruce qui allait donner naissance à un nouveau Power Trio :
J’ai cité West Bruce & Laing qui allait balancer sur les ondes un véritable brulôt : « Why Don’tcha »

 

west bruce & laing

Chroniqué dans le numéro 25 d’« Extra » de décembre 1972, il était dit qu’il s’agissait du plus grand disque de l’année avec le meilleur bassiste de tous les temps et la révélation d’un batteur prodigieux Corky Laing. Leslie West, à la guitare, est aussi entré ici dans la légende.
West, Bruce & Laing allaient encore graver deux albums : « Whatever Turns You On » 1973 et « Live ‘n’ Kickin » 1974 considéré comme un must du disque Live.

Habitué aux Power-trios, Bruce allait remettre le couvert (c’est ici le cas de le dire) et former B.L.T. (du nom d’un célèbre classique du sandwich Bacon, Lettuce, Tomato).

 

blt

 

B.L.T. comme Bruce Lordan & Trower
Ici le patron est Robin Trower, ex guitariste de l’excellent Procol Harum et fils spirituel de Jimi Hendrix pour qui il développe un complexe qui le poursuivra toute sa carrière, Bill Lordan est le batteur. Mais Jack Bruce assure comme à son habitude.

Bien sur, j’ai surtout développé la partie des 70’s, la plus riche … Mais tout au long des 80’s, 90’s et des années 2000, Jack Bruce a continué d’ avoir une activité musicale importante que ce soit en solo ou avec son groupe the Jack Bruce Band.
Il a également prêté sa basse à nombre de ses vieux amis : Stevie Winwood, Eric Clapton, Alexis Korner, Ringo Starr, Cozy Powell, la liste est longue …
C’est vrai qu’en France, il a été assez mal distribué et tombé dans l’oubli d’où cet article pour rappeler ce grand Monsieur.

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